L’olivier, symbole de longévité, inquiète parfois son propriétaire lorsque son feuillage persistant vire au jaune. Ce changement de couleur n’est pas systématiquement le signe d’une maladie grave. Il s’agit souvent d’un signal envoyé par l’arbre pour exprimer un besoin environnemental ou le simple accomplissement de son cycle biologique. Pour intervenir avec justesse, il est nécessaire de décoder ces nuances avant d’envisager un traitement.
Le jaunissement naturel : un renouvellement indispensable
Avant de suspecter une pathologie, rappelez-vous que l’olivier ne conserve pas son feuillage indéfiniment. Une feuille a une durée de vie moyenne de deux à trois ans. Passé ce délai, elle jaunit uniformément avant de tomber pour laisser place aux nouvelles pousses.
Ce phénomène de renouvellement physiologique survient généralement au printemps. Si les feuilles jaunes se situent à l’intérieur de la ramure ou sur les branches anciennes, et que le reste de l’arbre semble vigoureux, il n’y a aucune raison de s’inquiéter. C’est un processus sain qui permet à l’arbre de concentrer son énergie sur ses parties les plus productives.
L’olivier gère ses ressources avec efficacité. Le retrait de la chlorophylle des vieilles feuilles sert de catalyseur de croissance pour les jeunes pousses. L’arbre récupère les nutriments mobiles, comme l’azote, pour les réinjecter vers les extrémités en développement. Ce transfert interne explique pourquoi un olivier peut paraître légèrement dégarni à l’intérieur tout en restant sain à sa périphérie.
L’arrosage : le délicat équilibre entre soif et asphyxie
L’erreur la plus fréquente dans l’entretien de l’olivier concerne la gestion de l’eau. Si l’arbre supporte la sécheresse, il craint l’excès d’humidité au niveau des racines.

L’excès d’eau et l’asphyxie racinaire
Un arrosage trop fréquent ou un sol mal drainé provoque une stagnation de l’humidité. Privées d’oxygène, les racines s’asphyxient et pourrissent, empêchant la sève de circuler. Le symptôme est immédiat : les feuilles jaunissent sur l’ensemble de l’arbre, deviennent molles et tombent massivement. Si votre olivier est en pot, vérifiez que le trou de drainage n’est pas obstrué et supprimez la soucoupe, véritable ennemi de l’olivier.
Le manque d’eau et le stress hydrique
Un manque d’eau prolongé, surtout pour un jeune sujet ou un olivier en pot durant l’été, provoque un jaunissement défensif. Les feuilles se recroquevillent en forme de gouttière avant de jaunir et de sécher. Privilégiez des arrosages copieux mais espacés, en laissant la motte sécher en surface entre deux apports.
Identifier les maladies fongiques et les parasites
Si le jaunissement ne semble ni naturel ni lié à l’arrosage, inspectez les feuilles pour détecter d’éventuels agents pathogènes.
| Symptôme visuel | Cause probable | Action recommandée |
|---|---|---|
| Taches circulaires avec halo jaune | Œil de paon (champignon) | Bouillie bordelaise et taille d’aération. |
| Amas cotonneux blancs | Cochenilles ou Psylle | Mélange eau, savon noir et huile. |
| Morsures sur le bord des feuilles | Otiorhynque | Nématodes ou ramassage manuel. |
L’œil de paon : le fléau de l’humidité
L’œil de paon est la maladie cryptogamique la plus courante. Elle se développe lors des printemps doux et humides ou dans les zones où l’air circule mal. Les taches caractéristiques empêchent la photosynthèse, provoquant un jaunissement prématuré et une chute des feuilles qui affaiblit l’arbre. Une taille régulière pour ouvrir le cœur de l’arbre et favoriser l’évaporation est la meilleure prévention.
Les carences nutritionnelles
Un jaunissement peut révéler une carence en minéraux, notamment en azote ou en magnésium. En cas de carence en azote, le jaunissement est uniforme et touche d’abord les feuilles anciennes. Une carence en magnésium se traduit par un jaunissement commençant par la pointe et les bords, tandis que les nervures restent vertes. Un apport d’engrais spécial olivier ou de compost bien décomposé au printemps corrige généralement ce problème.
Stratégies de sauvetage et entretien préventif
Une fois la cause identifiée, adoptez les bons gestes pour permettre à l’olivier de retrouver sa vigueur. La réactivité évite que l’arbre ne s’épuise.
Le choc de transplantation survient souvent après la plantation ou le rempotage. Un jaunissement partiel est alors normal, car l’arbre adapte son système racinaire. Réduisez légèrement la ramure pour limiter l’évapotranspiration. La taille de régénération, consistant à supprimer les branches mortes ou affaiblies, stimule la production de nouvelles pousses saines et améliore la pénétration de la lumière.
L’utilisation de la bouillie bordelaise, ce fongicide à base de cuivre, est efficace en prévention, notamment après la taille ou lors des périodes de pluies prolongées. Respectez les dosages pour ne pas saturer le sol. Pour un olivier en pleine terre dans un sol argileux, l’ajout de graviers ou de sable grossier au fond du trou de plantation est indispensable pour prévenir le jaunissement lié à l’humidité stagnante.
Observez attentivement la localisation du jaunissement et la présence de taches ou d’insectes. Un olivier qui perd quelques feuilles à l’intérieur de sa structure au printemps est un arbre qui vit. Un olivier dont tout le feuillage pâlit ou se tache appelle à l’aide. En ajustant votre arrosage et en assurant une bonne ventilation de la couronne, vous garantissez à votre olivier une santé durable.








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